La déprogrammation, deuxième partie

La déprogrammation (deuxième partie)

La déprogrammation est en quelque sorte un ménage de la mémoire, une défragmentation du mental qui nous permet d’avoir un esprit libre. De cette façon, on peut vivre sans ambiguïté sans être hanté par nos bourdes d’antan. Ou encore, aller corriger certaines fautes, des irrégularités qui posent problème. Il est parfois simple de les réajuster et ce geste est tellement important dans la réalisation de notre quotidien.

Donc, un accident traumatique en 1981 et suite à cela de la violence. Il en défile une vie avec certaines sphères en distorsions. Pas de suivi psychologique. En fait, même après mes agressions, je n’ai subi aucun traitement. On me disait fort, positif, souriant alors à quoi bon l’aider, c’est lui qui pourrait nous épauler avec sa bonne attitude après tout ! C’est ce qu’on disait de moi.

Par contre, ce n’est pas ce qui s’est réellement passé dans mon intérieur tiraillé. En fait, sur la route de la vie, j’étais loin d’en être conscient. Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai constaté les dégâts causés par ces malheureux événements. Ils avaient laissé des traces. Au début, j’avais la prétention de pouvoir m’aider moi-même. Étant donné ma sensibilité à pouvoir aider les autres, je croyais vraiment pouvoir m’assister. À force d’entendre qu’on est fort, on finit par y croire fermement et à tort.

Je ne voulais pas déranger les gens avec mes démons. Et pour être franc avec vous, ma première véritable raison était la gêne, j’avais même honte. Malheureusement, mon ego m’empêchait de dévoiler aux autres ce que je pensais être mes démérites.

Alors suite à une rechute pour une infection à ma jambe amputée, j’ai dû prendre des antidouleurs. Au début, c’était pour les bonnes raisons, mais avec leurs effets euphorisants, j’ai vite compris qu’ils pouvaient engourdir mes angoisses et mon intérieur tiraillé. Sans en être totalement conscient, j’allais embarquer dans un cheminement très malsain. Une descente aux enfers serait plus appropriée.

Cette rechute se passait dans les années 90. Ce n’était pas ma première. Mais disons que dans ces années, l’accumulation de stress était déjà très importante. Je demeurais donc une proie potentielle pour la dépendance de médication.

Suite à l’opération, on m’a donné des cachets de Demerol, un narcotique puissant. Je les prenais au 4 heures. Je résume rapidement… Les doses de départ n’ont pas été suffisantes très longtemps. Le médecin m’a promptement ajouté de la médication supplémentaire pour soulager ma grande douleur du membre amputé (fantôme). Alors, antipsychotiques, anxiolytiques, analgésiques ont soudain fait partie de mon quotidien. Au début, je le répète c’était pour de réelles douleurs. Saviez-vous que certains médicaments interviennent entre eux de façon bénéfique surtout pour le membre fantôme ? Après plus d’un an de prise de cachets, je devais me déplacer avec un pilulier aussitôt que je quittais la maison, c’était très difficile de vivre ainsi.

Je vous entends dire : mais ce n’est pas possible ? Eh bien oui, j’en suis la preuve vivante. Je camouflais, j’engourdissais mes inquiétudes avec cette médication. Au début, cela fonctionnait bien, mais très vite ça ne suffisait plus. J’étais littéralement drogué, un toxicomane légal, c’est-à-dire que mes revendeurs de drogue étaient mes médecins, mon pharmacien.

Cet épisode de ma vie a été très marquant. J’ai dû faire des changements, il a fallu que je fasse un peu le ménage dans mon passé. Pour être capable de survivre à ce sevrage, il a fallu que je sois réellement solide.

C’est laborieux à résumer, vous savez comme j’adore donner des détails. Je vous réserve cela pour plus tard. Vous aurez les précisions de ce temps difficile de ma vie. Cela ne se fait pas seul, j’ai eu de l’aide précieuse. Je peux très bien accompagner ceux et celles qui désirent entamer une telle démarche.

Pour revenir à nos moutons, à cause d’un passé non réglé, dû à des antécédents, j’ai succombé à une béquille émotionnelle qui est la drogue.

Les événements du passé déteignent sur notre instant présent. En fait, ils sont des attractions qui rendent difficile la connexion au présent.

Faites un exercice; assoyez-vous confortablement dans votre endroit préféré. Installez-vous avec une musique de fond qui ne pourra pas influencer vos pensées, une mélodie instrumentale est conseillée. Maintenant, fermez les yeux, décroisez les bras et les jambes et respirez normalement.

Soyez attentifs aux pensées qui traversent votre esprit. Il est normal d’être envahi par une avalanche d’images mentales. Tranquillement, à mesure que le temps passe, que vous vous détendez, vos pensées seront moins nombreuses.

Maintenant, prenez conscience des choses négatives qui influencent votre bien-être. Quelles sont-elles ? Soyez sensibles à ce qu’elles vous procurent comme sensation. Du stress, de l’angoisse, de la peur ? Ou alors tout cela en même temps ? Plusieurs d’entre vous peuvent être envahis par des souvenirs positifs, ils sont eux aussi des influents.

La détente est une bonne façon de se connecter avec sa profondeur. Si elle est affectée par quelque chose de négatif. À ce moment-là, il faut prévoir une stratégie et lui donner congé de notre mental. Si nous en avons plusieurs, il est parfois obligé de les prendre une à la fois. Il existe en programmation neurolinguistique ce qu’on appelle des techniques d’ancrage. Elles sont très efficaces et aidantes alors n’hésitez pas à consulter.

Donc, c’est envisageable de le faire et on se doit de le faire. De cette façon, on s’organise une paix intérieure. Les images positives reprennent place dans nos pensées. On peut prendre le contrôle de notre mental. Avec de la pratique, beaucoup de pratique.

Il est possible que vos influents négatifs soient plus facilement accessibles. Si vos cartes de crédit vous causent des casse-tête, mettez en action une démarche afin de soulager ce stress. Un jour ou l’autre, ils vous occasionneront des problèmes de santé, si cela n’est pas déjà fait. Si vous avez un conflit avec un ami, il faut trouver une façon d’instaurer la paix. Vous me direz qu’on n’a pas toujours le contrôle sur tout et vous avez raison. Mais commençons par mettre de l’ordre là où c’est possible.

Le but de mon partage n’est pas de vous dire quoi dire ou quoi faire. Ce n’est pas dans mes compétences et je déteste être moralisateur. Par contre, je vous encourage à trouver un moyen de faire la paix avec vos stress. Être en harmonie quand nous avons les yeux fermés dans nos moments de détente est inestimable. L’accumulation pollue et empêche souvent les gens d’être heureux et d’avancer dans la vie.

Retourner dans une mémoire douloureuse, ce n’est pas ce qu’on désire, j’en suis très conscient. Mais est-ce mieux d’y faire un petit tour quelques fois afin de résoudre les mauvaises énergies qui s’en dégagent ? Ou alors, les laisser nous envahir quotidiennement, et cela pour toujours ? La réponse est simple et les solutions sont nombreuses.

On peut le faire soi-même si on se croit assez outillé. Un bon ami à qui on a grandement confiance peut souvent nous donner de bon conseil. On peut demander de l’aide d’un coach personnel, un accompagnateur professionnel. On peut aussi faire appel à l’hypnose, ou encore à un psychologue. On n’est jamais seul, il suffit de regarder autour de soi afin de trouver l’aide nécessaire. Les ressources sont nombreuses.

N’hésitez pas à retourner dans le passé et déprogrammer le négatif qui s’y rattache. Si cela est impossible alors, pardonnez-vous ces périodes sombres de vos vies. Qui n'a pas fait de bévue ? Qui n'a pas fait d'erreur ? Grandir et prendre conscience de nos failles afin de s'améliorer et de ne pas les répéter est une connexion directe au mental supérieur, à notre conscience.

Chaque événement non réglé est comme une ficelle qui nous empêche de conclure avec un présent salutaire.

Voici une épreuve vraiment vécue :

Je viens d’être frappé, je suis dans la rue, couché sur l’asphalte. Autour de moi il y a plein de personnes, je me sens oppressé. Personne ne s’occupe de moi afin que les gens reculent et ne me donnent de l’air.

Résultat : 35 ans après, j’ai encore de la difficulté à respirer quand cette mémoire refait surface. Aussitôt qu’un épisode de stress arrive dans ma vie, j’ai le souffle coupé, j’étouffe littéralement.

Exemple de reprogrammation : on retourne au moment précis de l’événement. Avec une technique spécifique, on change l’histoire. Évidemment, cela se fait avec une procédure spéciale que je n’expliquerai pas ici. Quelqu’un a déjà dit; «il n’est jamais trop tard pour avoir une enfance heureuse»… Alors donnons-nous les outils nécessaires.

Une fois que l’incident a été changé, ma difficulté à respirer dans la mémoire de l’épreuve a disparu. C’est fort le cerveau et en même temps, certains trucs sont efficaces dans la simplicité. Voilà un exemple juste de la déprogrammation.

En terminant, l’important est de prendre soin de soi, s’aimer avant tout afin de pouvoir aimer les autres près de soi. Le renforcement positif est très puissant, cela doit devenir un mode de vie. Vous verrez rapidement des changements palpables autour de vous. Le contraire est aussi vrai, je suis certain que vous connaissez des gens autour de vous qui sont porteurs de malheur…

Merci pour vos nombreux messages, je réponds à chacun de vous dans un délai respectable. J’apprécie toujours vous lire.

Au plaisir d’échanger avec vous !

Alain Ayers

alainayers@hotmail.com

Auteur: Alain Ayers

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