La fameuse colère

La fameuse colère

C’est vrai qu’il est quelques fois agaçant de se faire dire qu’on doit respecter ses limites, qu’on grandit dans les épreuves, de rester positif et vivre dans le moment présent. Le monde d’aujourd’hui est parsemé de charmantes paroles, on publie de belles pensées, et on exprime à chacun l’importance d’être en connexion avec notre conscience. Le bien paraître envahit notre quotidien et on se sent presque coupable d’avoir les bleus.

On mémorise et ravale encore toute une gamme de frustrations… Spéculant que c’est un sentiment corrupteur, pernicieux et malsain. Et un jour, on éclate, on se brise et avec toute cette accumulation, impossible de la retenir donc elle sort comme elle peut, c’est-à-dire maladroitement et parfois en choquant, en blessant les gens autour de soi…

Mais il y a plus. Nous sommes humains, philanthropes, avec des émotions et pourvus d’hypersensibilité. Le monde de l’extérieur a l’air parfait. Mais c’est loin d’être le cas, ce n’est qu’un emballage cadeau. En général, va-t-on présenter une mauvaise photo de soi sur les réseaux sociaux ? Non, on choisit la plus belle d’entre toutes, certains vont jusqu’à la modifier dans la seule intention de la rendre encore plus jolie. On va publier un bon repas qui souvent dissimule une solitude. C’est la même chose que d'appliquer un sourire sur un visage qui camoufle une grande tristesse. On met un voile sur notre existence pour éviter d’être exposé. On n’aime pas que tout un chacun entre dans notre intimité de vulnérabilité. Toute cette inconsistance cache une réalité, d’ordinaire, contrastante. Bien sûr, comme dans toutes les règles il existe des exceptions, mais ça reste quand même un fléau important de nos jours.

On a tous besoin de vivre sans toujours devoir être irréprochables. C’est indispensable pour notre équilibre. Je sais de quoi je parle. Pendant des années, j’ai porté ce genre de masque. Être capable de manifester de la colère ne fait pas de nous de mauvaises personnes. Se donner le droit de pleurer, de crier, d’avoir de la peine ça fait  beaucoup de bien. Nous avons la responsabilité de nous autoriser à ventiler. 

Mais attention, l’exprimer en état d’agressivité ne peut qu’aggraver la situation et peut causer de la distorsion réelle. L’irritation est un signe que la bouteille est pleine. Permettons qu'elle puisse se vider sans blesser les autres. Il existe une multitude de techniques pour y arriver. Faire sauter le bouchon sur la bouteille de la colère. C’est très important et nécessaire à la vie. Maintenant, je m’autorise à la colère, pas à l’agressivité, il y a une grande différence. Nous ne sommes pas apathiques.

J’apprécie l’intensité et à travers elle. Il y a deux pôles : la folie de s’émerveiller devant presque rien et l’autre qui permet le contraire. Il faut accepter ces différences et apprendre à vivre avec. Les gens passionnés ne sont pas banals, ils ont beaucoup à offrir et ne sont surtout pas ternes. J’aime la couleur et la diversité ! 

Aujourd’hui, je prends le temps d’écouter mon cœur et mon corps, le faites-vous ? À la minute où il est triste, malheureux, je le console, je le soulage. Je lui apporte mon appui sans pression. Lorsqu' il est joyeux, je le nourris de bonheur et lui prodigue le meilleur de moi-même pour son épanouissement. Quand il a froid, je lui offre réconfort et soutien, je suis à l’écoute de ma profondeur, de ma plénitude afin de me donner assistance. Quand je ressens de la frustration et de l’insatisfaction, je me permets de l’exprimer. Vouloir être perçu de façon irréprochable ne fait plus partie de ma vie. C’est lourd à porter, car on est seul à penser qu’on est loin de l’être. Avec le temps, on peut même apprendre à se détester, à s’abominer, c’est difficile à encaisser et à la longue ça peut tuer, rien de moins.

À présent, je me permets d’être malheureux, dans la mesure où je sais que c’est passager. De plus, le sentiment désagréable s’évanouira selon notre ouverture. Je suis capable de répondre à mes amis que ça ne va pas, car je me respecte avant tout. La vie est toujours en mouvement, rien n’est indéfectible.

Sans les épreuves, nous ne connaîtrions pas la satisfaction. Nous sommes des humains et avons le droit de dire ; je ne me sens pas bien, je ne veux voir personne. C’est nécessaire d’être apte à expulser cette sombre énergie. Ouvrons les fenêtres et abandonnons le négatif et par la suite, le positif prendra sa place sereinement. Rappelez-vous, ventiler est essentiel, s’isoler de façon prolongée est dangereux, pernicieux et toxique. Soyons attentifs aux gens qu’on aime et respectons-nous.

Éprouver de la colère ne fait pas de nous de mauvaises personnes. Elle fait partie de notre stabilité. Il faut juste la laisser exister, sans plus, et l’expulser de la meilleure manière.

N’oubliez pas, on vit mieux quand le bouchon est retiré, on respire davantage. En fait, c’est la façon que j’ai trouvée afin de retrouver mon équilibre. La beauté du monde réside dans une multitude de solutions et je vous ai partagé la mienne.

Bonne semaine !

Alain Ayers

Auteur: Alain Ayers

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