Réflexion saisonnière

Réflexion saisonnière

Il est tellement facile de se laisser envahir par nos vies trépidantes, effervescentes et trop organisées. On s’oublie et dans ce mouvement désabusé, on perd, à l'occasion, le contrôle et on s’égare.

Dans mon cas, les saisons m’aident à m’encrer, elles sont pour moi une escale afin que je puisse entendre ce que je désire. Nous sommes liés à elles, profondément, c’est ainsi et j’en suis ravi.

À l’automne, comme les arbres, je laisse tomber mes frivolités de l’été. Cela me permet d’observer qui je suis plus aisément, avec plus de lucidité. C’est à l’automne que je prends conscience de mes forces et que je travaille sur mes faiblesses. Parfois, je me remets en question. En fin de compte, il me fortifie. Mais malgré tout, c’est un temps de vulnérabilité colossal, alors je fais la collecte de mes effectifs positifs afin de pouvoir affronter la prochaine période plus menaçante par son manque de lumière.

L’hiver quant à lui, m'oblige à travailler sur moi-même, je prends soin de qui je suis, je me cajole, je m’offre de la diversité et me protège des tempêtes. Sa fraîcheur est aussi garante d'éminentes émotions, souvent confronté à soi, on grandit, et cela même dans une indéniable adversité. Pendant ce temps frigorifique, je dresse mes charpentes existentielles pour me préserver de mes impulsions. Ce temps froid me force à m’abriter sans toutefois me soustraire du monde.

Le printemps s’ouvre alors dans un élan de soulagement, une trêve qui permet de relâcher une certaine attraction. La propension à se réjouir convoque mon fond intérieur par l’imposition d’une vivacité débordante de joie. La vie reprend possession de son intensité, à mesure que les feuilles poussent dans les arbres. Nos sens se réveillent, ils se raniment avec l'intention d’afficher leur assurance. On a le goût de se mettre beau, de marcher dans les villes, de se lier à la nature. On conjugue avec son corps, on l’expose, on l’ornemente de coquetteries afin de pouvoir séduire notre prochaine saison.

L’été enfin arrivé, j’expulse avec fougue certaines énergies et me permet des débordements. Mon plaisir est incalculable et le soleil réchauffe mon cœur et multiplie mes ardeurs. Encore une fois, mes sens sont quintuplés et satisfaits, je côtoie mon intense vivacité avec agilité. Quand elle s’épuise, je m’exténue avec elle. J’ouvre alors la porte à sa voisine l’automne avec grand bonheur. En sachant qu’il m’apportera un accord essentiel à ma vie.

Ce cycle périodique répétitif m’apaise, il me sécurise par sa constance et me permet de m’épanouir. Je suis un amoureux du Québec et de ce qu’il me propose par ses belles saisons, année après année.

Bon automne !

Alain Ayers

Auteur: Alain Ayers

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